Passage d'un poème de Louis Aragon sur la plage d' Hardelot

 

Quelle est cette côte perdue où bleuit le chardon dans le brouillard des sables Étrange étendue où s'agite un adieu d'herbe au front des dunes Sous ce citron ce limon doux on ne sait trop soleil ou lune Et le pied se posait dans un poudroiement d'astres Un mica de désastres Une vaisselle d'anciens vaisseaux naufragés Falun des grands fonds foin d'ossements tapis neigé Poussières de défuntes civilisations marines Lièges rongés fruits minéraux refus des marées Reflets roux constellations australes désamarrées Boues à globigérines Un goût de sel était entré de force dans mon pharynx et mes narines Je revois ce soir la lumière et le matin d'Hardelot Elsa, L'ouvre poétique, Tome XIII, p.63, Livre Club Diderot, 1981.