Quelle est cette côte perdue où bleuit le chardon dans le brouillard des sables
Étrange étendue où s'agite un adieu d'herbe au front des dunes
Sous ce citron ce limon doux on ne sait trop soleil ou lune
Et le pied se posait dans un poudroiement d'astres
Un mica de désastres
Une vaisselle d'anciens vaisseaux naufragés
Falun des grands fonds foin d'ossements tapis neigé
Poussières de défuntes civilisations marines
Lièges rongés fruits minéraux refus des marées
Reflets roux constellations australes désamarrées
Boues à globigérines
Un goût de sel était entré de force dans mon pharynx et mes narines
Je revois ce soir la lumière et le matin d'Hardelot
Elsa, L'ouvre poétique, Tome XIII, p.63, Livre Club Diderot, 1981.
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