Histoire de l'origine de Neufchâtel et Hardelot

A la fin du VIIème siècle, les garennes de Neufchâtel, dites " le Mont Saint Frieux ", abritaient à 153 mètres d'altitude un village. La légende raconte que deux frères ermites vivaient là, Judoc et Férioc. Le nom français de ce dernier est Saint-Férieux, qui aurait donné son nom à Saint-Frieux. Judoc lui est honoré sous le nom de Saint-Josse. A l'emplacement de leur ermitage aurait été bâtie une chapelle. Dans l'église Saint-Pierre de Neufchâtel, quatre vitraux retracent encore aujourd'hui la vie de ces deux frères : du côté droit dans la chapelle du Sacré Cœur, celle de Saint-Frieux, du côté gauche dans la Chapelle du Rosaire, celle de Saint-Josse.
La commune de Neufchâtel, entre Dannes et Condette, était entre 1790 et 1801 un village de 821 habitants vivant sur une étendue de 2 088 hectares. Elle appartenait au baillage du Choquel et Bellefontaine. Le nom de Neufchâtel aurait son origine dans un château fort, le château de Bellefontaine, qui fut englouti par les sables mouvants. Etait-ce là le " Novum Castellum " qui aurait donné son nom à Neufchâtel ? De nombreux historiens l'affirment. Toujours est-il que l'on trouve pour la première fois le nom de Neufchâtel en 1173 et en 1199 dans la charte de Samer.

Au début des années 1900, Hardelot n'est qu'une immense garenne bordée de dunes de sable blond face à une mer aux reflets changeants, dotée d'une forêt giboyeuse de plus de 600 hectares. Elle attire de nombreux adeptes qui chassent déjà à cette époque chevreuils, sangliers, lièvres, lapins, perdreaux, bécassines et faisans.
En 1905, un mécène anglais, Sir John Whitley, et des amis français achètent 400 hectares de terrain et créent la société d'Hardelot. John Whitley est déjà propriétaire du château d'Hardelot depuis 1897, et c'est l'un des promoteurs du Touquet Paris-Plage. Il veut faire d'Hardelot la nouvelle station balnéaire à la mode et le centre mondain des sports.
Dès 1908, vingt villas apparaissent autour des tennis en bord de plage. C'est le célèbre architecte Louis-Marie Cordonnier, ami de John Whitley, qui réalise ces vastes et singulières villas qui caractérisent encore aujourd'hui Hardelot. En 1911, l'illustre aviateur Louis Blériot se fait construire une villa sur la digue. Il conçoit et commercialise le premier aéroplage français, l'ancêtre du char à voile, qui va attirer de très nombreux adeptes sur la plage de la station.
En 1910, Hardelot est érigée en paroisse et accueille son premier curé, celui de Condette, l'Abbé Bouly, connu pour ses talents de sourcier et d'herboriste.
En 1913, Hardelot est classée officiellement " station climatique ".
La première guerre mondiale ne nuit pas à la station, bien au contraire. En raison de sa proximité avec le front des opérations, elle se transforme en un centre militaire très actif. Sir John Whitley accueille si chaleureusement les officiers alliés que bon nombre d'entre eux vont acheter un terrain et se faire construire une villa.
L'entre-deux-guerres marque l'apogée d'Hardelot qui rivalise avec le Touquet Paris-Plage et attire des personnalités venues de toute l'Europe, surtout de Belgique, de Hollande et d'Angleterre.
Mais la seconde guerre mondiale interrompt la politique des loisirs et des mondanités et sonne le glas de la station. Hardelot est occupée, pillée et dynamitée jusqu'aux bombardements alliés de 1944 qui finiront de la défigurer.
Après la guerre, Hardelot renaît lentement de ses cendres grâce à de nouveaux passionnés. Avec les dommages de guerre, Claude Lefebvre, petit-fils de Louis-Marie Cordonnier, reconstruit un certain nombre des villas détruites. En 1958, le promoteur lillois Joseph Lesur achète la société d'Hardelot et relance la station, avec l'aide de ses fils, José et Francis. En 1999, ils revendent la société d'Hardelot à Nicolas Boissonnas, qui poursuit aujourd'hui de nouveaux projets pour Hardelot.
Copyright stéphane Lefebvre/Estelle Mauriac 2005